Licenciements Facebook, donc fin de la vie privée, égal retour du message codé

Des remarques un peu ironiques et déplacées sur son employeur sur un réseau social où l'on discute avec ses amis, acceptés au préalable un par un, sont un motif de licenciement, vous l'avez tous lu (si non, faites le, histoire de ne pas passer pour une truffe).

La conclusion à en tirer est une assez concrète confirmation que ce qu'on dit sur les réseaux sociaux pourra être utilisé contre vous car c'est de l'info publique, même si vous activez toutes les protections de votre profil Facebook ou que vous masquez vos tweets. Et le pire c'est que c'est de l'info écrite, donc de l'info qui est horodatée et qui reste.

Que peut-on imaginer comme tendance de réaction après cette "prise de conscience" ou en tout cas ce gros warning ?

Déjà, il y aura les "mais non, ça peut pas tomber sur moi".
Ils vont continuer à descendre leur N+1, leur employeur et raconter les derniers exploits extra-conjugaux de leur voisin de bureau sur Facebook and co. Ils se disent que vu le nombre d'inscrit sur Facebook et la fiabilité de leurs 400 amis, rien à craindre. Hum... J'ai bien peur que ce soit la majorité.

Les agents secrets.
"Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone" ça vous dit quelque chose ? Verlaine ok, mais encore ? La Résistance !
Face à un ennemi qui écoute toutes les conversations, et peut s'en servir contre vous, quoi de mieux, pour continuer à discuter, que de rendre ses conversations impossible à déchiffrer
J'imagine se développer, dans les années à venir, une tendance à l'allusion lointaine, au second degré (ou plus), qui sera difficilement surveillable et portable devant un tribunal.

Exemples :
Si je dis sur Facebook, en sortant de réunion : "hé bien ! au royaume des aveugles, le borgne est roi est un proverbe très ingénieux", comment savoir que je vise mon +1 ?.
Si je dis "je partirai bien aux Bahamas, là, maintenant, TOUT DE SUITE !!". Qui ne comprend pas que mon entreprise me saoule.

On peut également imaginer l'invention de mots nouveaux pour designer des choses sans risquer d'y perdre des plumes.  Farfelu ? Sans aller utiliser des vers de Verlaine, les Chinois, dont les SMS sont surveillés de près, sont déjà dans l'application et ont trouvé cette parade pour contourner la censure et continuer à s'envoyer des messages ...olé olé, pas vrai "camarade ?" :p (voir l'article pour comprendre)

Les hyper-discrets.
Ils savent pertinemment que tout ce qui est écrit sur internet est indélébile, donc ils se contentent de pas l'ouvrir, aucune attaque, aucun indice d'attaque, aucune prise de position. Rester neutre, au risque d'être un peu creux ;) ! En cas de pétage de durit, ils feront un second degré tellement alambiqué que seuls eux comprendront. :D

Les anonymes.
Je vois bien voir des personnes basculer dans le "je suis impossible à Googler et invisible des réseaux sociaux" à des degrés divers :

A l'ère du moi tout puissant, de l'egocasting, et du personal branding, dur dur de volontairement (re)devenir invisible ...

Et vous, que pensez-vous que cela va changer dans les comportements ces histoires de licenciements à cause de messages sur Facebook ?

Edit 30/11 : Wikileaks et ses "cables"  vient rajouter une couche à ma prévision de tendance à venir du message codé, du non-dit suggéré, du "surtout ne rien écrire, voir du "on dit rien".  Ce message s'autodetruira dans 5 secondes.

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