La création monétaire est une drogue dure, elle n'augmente plus les prix, elle favorise les bulles et les rentiers, retenez ceci !

Si y a bien un truc que toutes les articles sur l'inflation expliquent, c'est que création monétaire = hausse de prix. La presse parle alors de spirale inflationniste pour faire dresser les poils.
Hé bien dans cet article que j'ai lu dans l'Expansion, Patrick Artus, dit que c'est pas vrai (NB : ce Monsieur est directeur de la Recherche et des Études de Natixis).
Je suis vraiment heureux d'avoir appris cette clé de compréhension macro-économique et de la partager avec vous.

Depuis les années 90


  • aux US, la production de monnaie augmente de 12% par an et la hausse des prix n'a été que de 2,7% par an
  • en France, +10% de production monétaire pour seulement 1,8% d'augmentation des prix par an

C'est assez net, inonder le monde de billets semble pas changer grand chose aux prix... on devrait donc laisser chacun produire ses billets à la maison, on aurait un Bonheur Interieur Brut au top, fin de l'article.

Malheureusement c'est pas si simple. En fait les Etats inondent le pays de billets sans douleur en faisant du "quantitative easing" ou assouplissement quantitatif.
Explication de l'Expansion: "Le Trésor émet des emprunts d'Etat par milliards pour financer ses dépenses, et l'autorité monétaire les achète pour les mettre dans ses coffres. Les dollars se retrouvent en masse sur le marché, mais trouvent preneurs, et donc ne se dévalorisent pas, conformément à la théorie économique."
Ainsi, pas d'inflation, et pas d'augmentation des taux d'intérêts.

Le paradis ?


Non ... L'argent est bien créé. Il part dans l'immobilier, les actions, le crédit, il faut gonfler les bulles (qui explosent puis se reconstituent aussi vite qu'elles ont explosé).

A retenir, les deux phrases de conclusions magistrales :

- "Dans les années 70, la planche à billets dopait les prix des biens et des services, mais aussi les salaires. Aujourd'hui, les politiques accommodantes des banques centrales font plutôt les affaires des rentiers. Sauf quand les bulles éclatent, mais elles se reconstituent très vite, comme l'atteste le regain de vigueur boursier depuis 2009".

- "Abusées par une trompeuse stabilité des prix, les sociétés occidentales font donc coexister deux surendettements : l'un public, l'autre, privé. Des Etats drogués aux déficits indolores - car sans inflation -, et des salariés à la fiche de paie désespérément stable forcés de prendre des crédits pour acquérir un logement devenu inabordable. Même l'inflation, c'était mieux avant."

Ca fait peur tant de fatalisme. Donc de plus en plus ,dans nos sociétés, il y aura les rentiers, les possesseurs des capitaux ...et les autres, jusqu'à ce que la tension soit trop forte et que "les autres" sortent de leurs gonds.
Et pour ce qui est Etats, carpe diem comme on dit ;)

Retrouver l'article sur l'Expansion : La création monétaire a peu d'effets sur l'inflation

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